Symboles de l’architecture soviétique
L’aéroport Zvartnots
L’aéroport Zvartnots est un monument de l’architecture moderniste soviétique. Son histoire commence au début des années 1970, lorsqu’un concours ouvert d’architecture a été organisé. Le premier prix a été attribué à l’ingénieur S. Baghdasaryan et à un groupe d’architectes dirigé par A. Tarkhanyan.
La construction s’est déroulée assez rapidement, et Zvartnots a ouvert ses portes en 1980.
Pendant la construction, on l’appelait à la fois « objet volant non identifié » et « vaisseau spatial ». On aurait pu tourner un film Star Wars ! Mais pour des raisons évidentes, aucun réalisateur étranger ne pouvait venir en URSS à l’époque. Ainsi, ce bâtiment original, l’aéroport le plus moderniste de l’Union soviétique, n’est apparu que dans un seul film célèbre — le succès cinématographique pour enfants soviéto-polonais des années 80 « Les Voyages de Monsieur Kleks ».
Selon les cinéastes polonais, Zvartnots les a tout simplement fascinés par son unicité cosmique.
L’ancien aéroport Zvartnots (comme l’ancien temple Zvartnots) est devenu un véritable symbole d’Erevan. Mais au début des années 2000, une rénovation s’est imposée, et en 2004 la construction d’un nouvel aéroport a commencé.
Pourtant, l’ancien terminal, bien qu’inutilisé depuis de nombreuses années, continue d’attirer l’attention, même aujourd’hui.
Maison de la Jeunesse
À l’occasion du 50e anniversaire de l’URSS, les autorités soviétiques décidèrent de construire des Palais de la Jeunesse dans les capitales de toutes les républiques. Le palais d’Erevan devait être construit sur un point élevé, visible de tous côtés. La hauteur de Kanaker, au bout de la rue Abovyan, fut choisie. Le Palais de la Jeunesse fut inauguré en 1979.
Architectes : Hrach Poghosyan, Artur Tarkhanyan et Spartak Khachikyan.
Le complexe comprenait un système de terrasses, un hôtel de 14 étages avec 500 chambres et une salle de cinéma-concerts de 1200 places. Au dernier étage se trouvait un café avec un plancher tournant. En une heure, le café faisait un tour complet, offrant une vue panoramique sur la ville. Les places devaient être réservées à l’avance. La première terrasse abritait une piscine couverte, des bureaux administratifs, des ateliers créatifs, et des laboratoires pour amateurs de photo et de cinéma. La deuxième terrasse comprenait la salle des mariages, des salles de banquet, une discothèque, un restaurant et un café. Lors de l’inauguration solennelle du palais, le premier mariage fut célébré dans la salle des mariages. Officiellement, les premiers mariés étaient des ouvriers de l’usine mécanique d’Erevan, Smbat et Alvard Avetisyan. En réalité, ce jour-là, le 7 avril 1979, quatre couples enregistrèrent leur union, et les premiers furent Ara Asoyan (aujourd’hui épidémiologiste en chef d’Arménie) et son épouse.
La troisième terrasse abritait le hall de l’hôtel et le bureau de service touristique.
Dans les années 1980, le Palais de la Jeunesse joua un rôle important dans le mouvement rock arménien.
L’intérieur du palais évoquait la jeunesse et la fraîcheur printanière — le bar était orné d’une sculpture dorée « Adam et Ève » (œuvre de Mkrtich Mazmanyan), et dans le hall, on trouvait l’œuvre de Tom Gevorkyan « Printemps ». Armine Kalents réalisa une série de fresques représentant l’Arménie ; Zorik Stepanyan créa une carte de l’Arménie en bois, exposée sur l’un des murs du hall. Une tapisserie de Nelly Asatryan décorait la salle de réception. Grâce à Martin Zakaryan, la salle des mariages du palais fut ornée de célèbres vitraux. Le sort de ces œuvres est aujourd’hui inconnu.
En 2005, il fut décidé de démolir le bâtiment. Malheureusement, un des symboles de la capitale arménienne fut détruit…